Matière
Français
Niveau
6°
Effectif
18 élèves encadrés par trois professeurs : Mme Piller, professeur de Lettres Classiques, Mme Derrien, professeur documentaliste du collège, et la remplaçante de Mme Piller, Mlle Juliette Sorlin, professeur de Lettres Modernes.
Cadre
Projet de liaison entre les CM2 de l’école de Cour et les 6°D’ du collège René Cassin de Baume-les-Dames.
Objectifs
Créer un échange entre les CM2 et les 6° à l’aide des contes.
Travailler sur les contes, leur utilisation et leur détournement.
Lire, écrire et décrypter des contes dans le but de produire des contes puis de fabriquer un livre de contes à destination des CM2 et des élèves du collège.
Déroulement
Le travail sur les contes et l’échange avec les CM2 de Cour s’est passé en plusieurs étapes :
1) Les sixièmes ont travaillé sur Shrek 1 et 2 à l’aide d’extraits. Pour comprendre l’aspect parodique de ces films d’animations, ils ont entendu lire, de façon expressive, nombre de contes traditionnels grâce à Mme Derrien. Ils ont aussi pu comparer les éléments de ces contes à ceux de Shrek.
2) Lors d’une séquence sur la lettre, ils ont écrit des missives pour les élèves de Cour. Chacun s’est alors vu attribué un ou plusieurs correspondants.
3) Les sixièmes ont ensuite reçu un livre de contes écrits par ces derniers et les ont tous écoutés. Ils ont élu leurs préférés et ont fait part de leur choix aux CM2. Ils ont également renvoyé une lettre aux CM2 pour les inviter au rallye Maths et Sport qui a lieu chaque année au collège.
4) Les élèves de Mme Piller ont commencé à créer leurs contes. Pour ce faire, ils ont sélectionné les éléments de leurs histoires sur le site de la bnf dont l’adresse suit : http://expositions.bnf.fr/contes/pedago/atelier. Grâce aux choix qu’ils ont réalisés, ils ont ensuite fabriqué une carte heuristique (quelques exemples en fichiers joints : première carte, deuxième carte, troisième carte, quatrième carte) soit seuls soit par deux pour recenser tous les éléments constitutifs de leurs histoires. Ils les ont alors développés de façon à avoir une idée précise de leurs créations.
5) Les professeurs ont repris ces cartes et les ont annotées pour que les élèves les améliorent, ce qu’ils ont fait la séance suivante. Ces cartes ont donc été évaluées grâce à une grille de notation prévue à cet effet.
6) Ensuite, les élèves sont passés à l’écriture en se basant toujours sur leur carte heuristique et sur des fiches techniques (créées suite aux différents exemples étudiés en classe ou trouvées sur internet, reprises et adaptées par le professeur de français pour ce projet). Ces fiches étaient déposées sur les ordinateurs du collège et accessibles par les élèves dans un dossier spécifique.
Le travail d’écriture s’est décomposé en plusieurs phases :
a) La production de la situation initiale a été rédigée par chacun avec un traitement de texte, en gardant sous les yeux la carte heuristique et le document Situation initiale.
b) Cette création a été reprise et corrigée par les autres élèves. Chaque groupe avait donc en charge une situation initiale à lire et des conseils à donner pour l’améliorer à l’aide de la Fiche-conseil et des cartes heuristiques des contes (pour vérifier si la situation initiale était cohérente avec la carte).
c) L’élève ou le groupe a alors récupéré un nouveau document avec les conseils donnés et a amélioré son texte (exemples de situations initiales en fichiers joints : Texte amélioré n° 1, n° 2, n° 3 et n° 4.
d) Les professeurs ont à leur tour regardé les situations initiales et donné leur aval ou non pour continuer le travail.
e) Les sixièmes ont alors écrit la suite de leurs contes sur informatique, dans un nouveau document (pour éviter des erreurs de manipulation et des suppressions maladroites de fichiers) et pour cela, se sont aidés de la Fiche-conseil finale.
f) Les professeurs ont imprimé ces suites et donné des conseils aux élèves pour embellir leurs productions et leur donner un peu de rigueur car ils avaient pris beaucoup de liberté par rapport aux cartes heuristiques et aux fiches d’aide, ce qui pouvait donner des histoires sans queue ni tête ! Les élèves ont alors continué leur écriture. C’est à ce moment que Mlle Sorlin a pris la classe en main, Mme Piller étant en congé maternité.
g) Une fois les contes achevés et validés, un moment d’échange devrait avoir lieu entre les élèves pour que chacun prenne connaissance de l’histoire des autres. Le but sera alors de former un livre de contes sur informatique si cela s’avère possible afin de produire un CD-ROM qui sera remis aux élèves de Cour. Un autre pourra être mis à disposition au CDI. Les CM2 pourront donc à leur tour élire leurs histoires préférées et une rencontre pourrait avoir lieu dans ce sens.
Bilan
- Les sixièmes sont souvent novices en informatique et ont déjà du mal à taper sur le clavier, alors j’appréhendais de leur faire manipuler Freemind… Mais j’ai décidé de tenter l’expérience car le fait de fabriquer la carte heuristique leur permet d’ordonner, de développer et d’améliorer les éléments constitutifs de leurs contes bien plus qu’un texte ou des notes prises de façon traditionnelle.
Pour simplifier la tâche aux élèves, j’avais créé un document source : une carte avec les éléments que les élèves devaient développer pour leurs contes (cf. carte source, ou énoncé). Ils l’ont ouverte et l’ont développée en la changeant de nom. Ils ont donc obtenu leurs cartes. Ainsi, chaque élève a vite adopté ce logiciel, qui, tout compte fait, ne les a pas du tout apeurés mais les a plutôt intrigués.
En effet, ils avaient déjà vu l’intérêt de créer des cartes heuristiques lors d’un cours de français sur l’indicatif présent et ce sont eux qui m’avaient demandé d’essayer d’en faire.
Au cours de ce travail, les élèves les plus avancés en informatique ont formé les novices. Ce système d’entraide s’est mis en place naturellement et ce fut l’une des bonnes surprises de ce projet. Vous pouvez voir quatre exemples de cartes cliquables, sachant que les élèves n’ont pas forcément pu corriger en salle informatique par manque de temps et aussi parce que le logiciel n’était pas installé chez eux. J’ai alors fait circuler un CD-ROM pour installer Freemind et Java sur leurs ordinateurs car la plupart d’entre eux ne pouvaient pas le télécharger : ils n’avaient pas Internet. Bien sûr, certains élèves n’ont rien produit ou presque rien, car ils étaient trop dispersés ou ne suivaient pas les consignes.
Les cartes heuristiques ont ensuite été réinvesties tout au long du travail de création des contes car les élèves devaient avoir sous les yeux les personnages, lieux, épreuves… de leurs contes pour rester cohérents lors de la phase d’écriture. Mais il est parfois difficile pour eux de ne pas se laisser emporter dans un tourbillon de création qui donne un véritable flou artistique. C’est le cas de deux des meilleures élèves qui en ont presque oublié leur carte. Nous les avons alors ramenées à leurs cartes en soulignant quelques incohérences et quelques erreurs. Elles ont ainsi été plus rigoureuses et ont respecté les consignes d’écriture sans vouloir brûler les étapes.
Ce projet représente un travail de longue haleine puisque le projet a eu lieu sur une année scolaire. Il faut avoir une salle informatique à disposition avec le logiciel Freemind installé et de quoi faire du traitement de texte. Il est préférable de travailler en collaboration sur ce genre de projets car assumer seule en salle informatique une dizaine de groupes qui demandent tous de l’aide, paraît difficile et vite épuisant. Pour réussir, il faut également faire comprendre aux élèves que l’on travaille toujours et que les règles sont les mêmes qu’en salle de classe.
De plus, ce projet, guidé par les échanges avec les CM2 de Cour, présente un avantage de taille. Tout au long du travail, nous avons eu des lettres ou des contes et nous avons pu communiquer sur les différentes productions. L’intérêt de donner du sens à leurs contes les a poussés à se reporter jusqu’à la fin du travail, à leurs cartes heuristiques. Les sixièmes ont été particulièrement motivés par le fait de produire pour d’autres personnes et non pas seulement pour eux ou pour le professeur.
Petite astuce, ou difficulté concrète : penser à bien sauvegarder le travail des élèves sur le serveur du collège et sur une clef USB pour avoir une assurance, car des élèves peu familiarisés avec l’informatique peuvent effectuer des manipulations hasardeuses. Cela nous a servi car les élèves ont effacé malencontreusement l’espace libre du collège avec tous les projets…
Anne-Claire Piller, professeur de Lettres Classiques, Collège René Cassin, Baume Les Dames
Juliette Sorlin, professeur de Lettres Modernes, TZR remplaçante de madame Piller
Rappel : le didacticiel Freemind est ici.
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